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Les informations sont collectées sans consentement explicite.
L'utilisateur est mal informé.
Ce nouveau type de donnée implique de nouveaux modes de collecte et de traitement et donc, de nouveaux risques en matière de vie privée.

« Allo, tu es où ? ». Cette expression est indéniablement née avec l’apparition et la généralisation des téléphones mobiles. Elle pourrait néanmoins avoir une durée de vie plus courte que ce que l’on imagine: en effet, les téléphones « intelligents », plus communément appelés « smartphones », sont d’extraordinaires instruments permettant de déterminer, plus ou moins précisément, l’endroit où se trouve son propriétaire. Ce procédé – la « géolocalisation » - mérite que l’on se penche sur ses indéniables avantages mais aussi sur les enjeux qu’il pose en matière de liberté de circulation et de droit à la vie privée.

En effet, 2011 aura vu Google, Apple et Microsoft se faire tous les trois épingler pour la collecte d’informations de géolocalisation aux travers de leurs terminaux mobiles et système d’exploitation associés. Pourquoi ces trois sociétés collectent-elles ces données ? Autrement dit, quels bénéfices peuvent-elles tirer de la possibilité de pouvoir déterminer notre position géographique à tout instant?

Le fait que les constructeurs manquent de transparence à cet égard et que les mesures plus respectueuses des réglementations en matière de vie privée et de collecte et traitement de données personnelles sont souvent prises que de manière réactive, c’est-à-dire lorsque des entorses à la réglementation sont découvertes, n’est pas de nature à nous rassurer.

Dans ce contexte nous lançons un appel pour des bonnes pratiques techniques en matière de transparence. Ces pratiques visent aussi bien les développeurs d’applications que les constructeurs, en ce qui concerne leur politique d’accès aux données et, le cas échéant, d’utilisation desdites données. Ces bonnes pratiques les obligeraient à :

  • Informer l’utilisateur sur les conséquences d’une application en termes de traitement de données personnelles.
  • Autoriser le retour et le remboursement éventuel dans un laps de temps raisonnable permettant le test de l’application.
  • Maintenir une liste centralisée recensant l’ensemble des applications ayant accès aux données de géolocalisation et permettant de refuser sélectivement cet accès.
  • Disponibilité d’un « interrupteur général » permettant de couper tout service de géolocalisation.

De plus, l’on pourrait considérer que l’instauration d’une charte ou d’un label « privacy » permettrait aux développeurs d’applications y adhérant de garantir à l’utilisateur une utilisation respectueuse des données de géolocalisation (pas de collecte centralisée, anonymisation systématique des données recueillies, etc) et l’interdiction de l’envoi de celles-ci sans consentement explicite et systématique.