Les listes noires

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La sécurité prend le pas sur la liberté.
Une automatisation de la loi pénale.
Une insulte à la présomption d’innocence, au droit au respect de la vie privée et au principe d’égalité et de non-discrimination.

La ville de Courtrai a introduit un label nommé Safe Party Zone. Celui-ci indique que les organisateurs d’une soirée misent vraiment sur la sécurité. A l’entrée de la salle, un logiciel destiné à interdire l’accès aux fauteurs de troubles connus est installé et chaque visiteur doit scanner sa carte d’identité dans l’appareil de contrôle. Ensuite, en fonction des noms inscrits sur une « liste noire », une lampe verte ou rouge s’allume indiquant l’accès ou non à l’événement.

Cette initiative ne serait que la première d’une longue série. Lorsque des jeunes dépassent les bornes dans des lieux publics, les interventions ciblées des autorités publiques se multiplient donnant lieu à des mesures plus radicales les unes que les autres. Ainsi, la Ministre de l’Intérieur, Annemie Turtelboom, propose d’exclure des « agitateurs » dés la première infraction/ ou le premier comportement inadéquat du centre Bloso de Hofstade, et même de tous les autres domaines récréatifs

Le système Safe Party Zone part certainement de bonnes intentions. En effet, chaque semaine, le conseil communal était confronté à des bagarres, à des incidents ou à des attitudes problématiques dans des soirées. Mais un examen plus approfondi montre que que le système choisi porte atteinte au droit au respect de la vie privée, à la présomption d’innocence, au principe de légalité et au principe d’égalité et de non-discrimination. Par ailleurs, ce système part du principe que chacun est un potentiel suspect et développe ainsi la méfiance collective au sein de notre société. Il stigmatise les jeunes mais aussi les étrangers qui se font contrôlés de façon plus approfondie par les organisateurs de la soirée.

La conclusion résultant d’une analyse approfondie du concept Safe Party Zone est la suivante: bien que les objectifs soient louables et fondés et que le système tient partiellement compte des inquiétudes liées au droit de la vie privée, il y a un problème fondamental. Ce système donne lieu à une discrimination et à une automatisation de la loi pénale. Ce n’est pas une vraie solution aux problèmes actuels rencontrés dans les domaines récréatifs, vu que l’embarras est déplacé plutôt que résolu. Cela produit des jeunes frustrés, qui ont déjà prouvé par le passé qu’ils ne savaient plus exprimer leur frustration de manière constructive. Finalement, c’est une insulte à certains principes.