La police Westkust
Dans la zone Westkust –Coxyde, La Panne et Nieuport–, une batterie de six caméras intelligentes enregistrent et contrôlent chaque voiture qui entre dans la zone côtière. Les voitures ayant déjà été signalées ailleurs pour des comportements suspects sont interceptées dès l’entrée dans la zone. Les passagers sont fouillés et les données téléphoniques sont mémorisées et utilisées ultérieurement si des nouveaux faits sont commis.
Parallèlement, des caméras d’observation, installées par les autorités locales, tiennent continuellement à l’œil les touristes d’un jour qui ne se doutent de rien. Leur présence est rarement annoncée par des pictogrammes.
Outre ce nombre croissant de caméras d’observation, le chef de la Zone de police Côte Ouest a, depuis mai 2009, aussi mis en service les dites “caméras casquette”. Ces caméras sont attachées sur la casquette d’un agent ou sur son uniforme au niveau du torse. Leur utilisation est sensée endiguer la violence à l’encontre des officiers de police lors de rixes, optimaliser la qualité des procès-verbaux et éliminer les débats sur les interventions des agents.
Enfin, durant l’été 2011, une patrouille spéciale, appelée “Very Irritating Police” suivait et contrôlait de manière volontairement répétée et insistante les jeunes qui traînaient dans les rues de la Côte Ouest. La tâche de la police VIP consiste à identifier les fauteurs de troubles potentiels, à savoir principalement des jeunes entre 14 et 25 ans venant de Wallonie et du nord de la France et qui passent leurs vacances à la côte.
Outre la question de savoir si cette approche a bien été réfléchie –la police VIP irritera-t-elle les jeunes au point de provoquer plus de problèmes?–, est-il légitime que la police exige tout de suite la carte d’identité de chaque jeune paraissant « suspect » ? N’est-ce pas une atteinte grave à la vie privée de ces jeunes qui sont interpellés à cause du fait qu’ils « flânent »?
Nous considèrons le projet VIP de la Zone de police Côte Ouest remet gravement en question le principe de la présomption d’innocence et pense que la prolifération des caméras dans la zone est une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée. Si ce droit n’est pas absolu, les atteintes à ce dernier doivent toujours être justifiées. Une restriction permanente et préventive de la vie privée viole les principes fondamentaux de notre Etat de droit et pourrait, si l’on y prend garde, bien basculer vers une société de contrôle qui n’aurait rien à envier à un Etat totalitaire.

